Ma lettre à FémininBio

NB  : lettre restée sans réponse à ce jour (25/05/16)
Date : 4 mai 2016 à 23:35
Objet : Cycle féminin et environnement
Bonsoir Madame,
Par ce mot je viens en toute connaissance que d’autres femmes se sont manifestées avant moi sur ce sujet. J’ai lu votre sélection de MissBio 2016, permettant de faire découvrir des associations encore peu connues et fort intéressantes, et de soutenir certaines dont les noms sont déjà ancrés comme les formidables Colibris ou Amanins.
Je suis Naturopathe et – de par cette définition – liée au naturel, au non intrusif et non polluant… m’inscrivant de fait dans l’hygiène de vie, l’écologie humaine et environnementale.
Un de nos référents, Hippocrate pour ne pas le nommer, était écologiste avant l’heure : au delà du « Primum non nocere » assez connu, ou de « Que ton aliment soit ton seul médicament », il est le père du « Traité des airs, des eaux et des lieux » et disait également : « celui qui veut se perfectionner dans l’art de guérir considérera comment l’endroit est disposé et s’informera du sous-sol, concurremment avec la constitution des êtres vivants ».
Plus actuel, et pour citer quelques personnages qui m’inspirent : Claude et Lydia Bourguignon font de manière récurrente des analogies entre la façon de traiter la Terre et celle de traiter la Femme (que l’on peut étendre avec la façon dont on violente, meurtrit et stérilise l’un comme l’autre à force de machines et produits de synthèse !), et Vandana Shiva ne cesse de faire les liens entre la place des graines et les place et rôle traditionnels des femmes, leurs « garantes ». Garantes de vie, des cycles de vie.
Accompagner une personne, en naturopathie c’est toujours remettre « le texte en contexte », c’est replacer cet être humain (dans ces différents plans : physique, émotionnel, mental) au sein d’une écologie socio-culturelle et environnementale.

Concernant la femme : pour ma santé et mon bien-être personnel, de même que pour mon choix d’accompagnement naturopathique (plus particulièrement des femmes, donc), alors en tant que « praticienne et éducatrice de santé » j’ai adopté la symptothermie et m’intéresse de près à d’autres pratiques comme le flux libre instinctif (au sujet duquel vous avez déjà écrit), etc…/…

Focus sur la symptothermie : elle est un outil aussi précieux qu’encore mal connu (elle se définit comme aide à la conception et à la contraception de façon naturelle et écologique), elle a aussi pour vocation de re-transmettre un savoir dépoussiéré de ses faux-mythes, de ses tabous et de certains artifices nocifs… et en France c’est donc l’association « Ecologie du Cycle féminin » qui la porte désormais, elle – la symptothermie – ainsi que des sujets afférents.
De par votre nom « FéminiBio », de par le descriptif de votre « qui sommes-nous » et de vos valeurs… j’aurais espéré qu’une main serait tendue à Pryska Ducœurjoly [qui représente cette association], parce qu’il s’agit là de bien-être global, de santé globale, d’écologie humaine ET ENVIRONNEMENTALE : je le redis, car il semble que vous n’avez pas pu saisir cet aspect, pour moi aussi évident que fondamental, lors de votre sélection de la Miss Bio 2016.
En vous remerciant de l’attention portée à ce courrier et en espérant avoir apporté quelques éléments supplémentaires à votre connaissance,
recevez, Madame, mes respectueuses salutations.
Sidonie Benedetto
Post Scriptum, le 5 mai :
       Cette nuit après vous avoir écrit, m’est revenu en pensée Gandhi : « Soyons le changement que nous voulons voir dans ce monde ». Ce monde n’est-il pas une traduction de notre environnement aussi ?
La femme dans le respect de son cycle l’incarne de façon centrale et le rayonne tout autour d’elle, ce changement (avec prise de conscience, équilibre ou cohérence personnelle comme une sorte de CNV à soi et à autrui, relation au couple, au social, aux autres cycles naturels comme l’eau, la respiration et qualité de l’air, la saisonnalité etc…). Beaucoup de résonances d’un système à l’autre, non ?
      Autre chose, à la quelle je songe maintenant : le merveilleux film « Demain » dont on parle tant en ce moment. Porteur d’espoir, car il met en lumière ceux qui ont déjà compris et commencé à mettre en pratique un renouveau dans le rapport à l’Etre, et à la Nature… Ce film, qui finit sur le chapitre de l’éducation et de l’autonomie, parle tout du long de cycle, recyclage et principe de circularité : on est dans la même thématique, et il suffit de « déconditionner » pour faire des analogies, des liens avec notre propos également.
      Faut-il donc attendre que le cycle féminin soit inscrit au patrimoine mondial pour le considérer à sa juste place ? et ce, quand bien même la femme ne fait que sa part du Colibri lorsque qu’elle prend humblement soin de son intime… sans en faire une revendication féministe, mais enfin en conscience de ce qu’elle porte au fin fond de sa constitution ?

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