« Masculin Divin, Féminin Sacré : jamais l’un sans l’autre » (conférence)

Extraits de la conférence de Diane Bellego (Salon Iris, 13.04.13) liens en bas de page.
 

Je suis Diane Bellego.
Je suis l’enfant unique d’un couple ‘dysfonctionnel’, avec des parents qui passaient leur vie à se déchirer…/… Je pressentais qu’il y avait de l’amour entre eux – amour juste ‘impossible à partager’, je me mettais tour à tour à la place de l’un et de l’autre, et me suis construite en me disant : « Mais comment les deux peuvent-ils avoir tort et raison à la fois ? Et comment réconcilier cela ? »

Le masculin divin et le féminin sacré tendent à se dénaturer quand ils s’expriment dans la dualité : c’est l’expérimentation… et tant qu’on n’a pas réconcilié l’un et l’autre, alors on perpétue le monde de la séparation, le monde de la dualité. Il est important de restaurer le féminin sacré. Au féminin sacré j’associe la Déesse, la Nature, la Beauté, la Grâce, l’Amour. Et si l’on cherche à la dominer sans la respecter… la nature se manifeste par exemple avec des évènements comme Fukushima.
J’entends « masculin-féminin » comme deux principes universels et complémentaires, et cela n’a rien à voir avec féminité et virilité qui, pour moi, sont des des dénaturations, des caricatures. Au quotidien, nous opposons et nous séparons fréquemment toutes les tonalités du masculin et du féminin : ciel et terre, sujet-objet, spiritualité-sexualité, onde et particule, tangible et subtil, dedans-dehors, être et faire, etc… et homme-femme.
Je précise donc que je ne parlerai pas du masculin des hommes et du féminin des femmes, mais de l’un et l’autre… destinés à s’unir, en chaque être que nous sommes : et plus je vais être complet(e), plus je vais générer une réalité en moi et autour de moi qui portera cette union, cette complétude.
Revenons sur cette opposition qui crée et définit autant notre monde intérieur qu’extérieur : par exemple, c’est parce que l’on croit (les croyances !), individuellement et collectivement, que dedans-dehors sont des énergies séparées, que l’on se retrouve dans des situations où l’on est adorable en société mais infernal à la maison, où on a Hitler qui adore ses chiens tout en commanditant des génocides, etc… et puis on va aussi jeter ses papiers de bonbons hors de la voiture comme on se débarrasse collectivement de nos déchets nucléaires chez le voisin ! Or peu à peu, avec la ‘mondialisation’ (au sens d’une vision globale), je vois que la pollution est partout et revient dans ma vie : ce que l’on fait à autrui, on se le fait à soi. Et ce n’est pas un concept intellectuel !

Le changement de conscience auquel on aspire tous : sortir de l’illusion qu’on est séparé (séparé de dieu, de la guidance, de etc…) et cesser de croire qu’il nous manque quelque chose à l’intérieur (un quelque chose ‘extérieur’ qu’on va essayer d’obtenir de l’extérieur par tous les moyens, dont séduction, manipulation, force… ou tout autre jeu de pouvoir). Comme on est par ailleurs dans une accélération de l’évolution planétaire, il est temps en cette fin de cycle de s’unir en Soi. C’est l’objectif de chacun d’entre nous.
…/…
Revenons sur la double polarisation : inspirer-expirer, émettre-recevoir… cela existe à la même mesure jusqu’au fond de chaque cellule, que l’on soit homme ou femme avec un sexe émetteur ou un sexe récepteur (un homme étant polarisé masculin sur l’extérieur et féminin sur l’intérieur, et inversement pour une femme) …/… De ce fait, monter aux arbres ne fait pas d’une petite-fille un garçon manqué, mais fait d’elle une femme complète.
« On est fait des deux, à la même mesure » signifie en terme de blessure, que le masculin est blessé à la même mesure que le féminin, et que l’un est à restaurer tout autant que l’autre. NB : patriarcat ou matriarcat, nul intérêt de se demander si une émasculation est pire ou moindre qu’une excision, car là on est dans l’extrême dénaturation, dans l’aberration de l’un comme de l’autre.

Est-ce que certains d’entre vous connaissent Mère Meera ?
C’est un Maître Indien qui vit en Allemagne. Elle est petite, fine voire frêle et porte un sari – un sari qui rendrait féminin un caillou ! (sourire) – Extérieurement, elle est pur féminin et quand on plonge dans ses yeux on comprend qu’elle a fusionné force et compassion, avec ce masculin qui lui donne l’axe.
Si on s’est construit avec l’empathie cela veut dire, par exemple, qu’à la même mesure on doit apprendre à ajuster (soit à installer la juste distance). Si on est dans l’accueil, il doit s’accompagner de dignité pour l’équilibre (sinon l’être est mis en pâture : le cliché extrême, avec une femme, sera par exemple les photos dénudées où elle s’expose…).
J’avais envie, pour cette conférence à Lyon, de parler davantage du Masculin Divin car au fil de ma pratique je me suis rendue compte que les femmes récupéraient le Féminin Sacré : un détournement, une forme plus ou moins subtile de féminisme, de revanche… voire de vengeance sur l’homme ! Or, mettre du ‘féminin sacré’ à toutes les sauces… cela finit par ne plus rien avoir de sacré. Aussi, le Féminin Sacré est un amour total : exclure l’autre aspect, rejeter le masculin, c’est sortir de l’Amour (soit de l’amour inconditionnel).
Je suis au cœur de cette mise en pratique, et c’est un apprentissage pour tout le monde. Par exemple, j’ai proposé l’an passé – lors d’un Festival – une conférence, et un atelier ouvert à tout le monde.
Mon compagnon était présent d’autant qu’il m’aidait aux préparatifs et à l’organisation. Une dame, notamment, m’a témoigné que sa présence la dérangeait trop : il est vrai qu’il me fallait la rassurer, toutefois ce qu’il faut vraiment en comprendre, c’est que ce n’est pas son féminin qui s’exprime à ce moment-là, mais son masculin en colère !

Voyons maintenant ce qui se joue à l’intérieur :
Lorsque les femmes – attention, mesdames, je vous ‘secoue’ car ce n’est pas simple d’être homme, encore moins homme sur un chemin de conscience ! Donc, lorsque les femmes sont dans une revanche, un rejet : c’est d’une part qu’elles confondent l’homme et le masculin, et d’autre part elles sont manipulées par leur masculin.
Voici pour ma part, comment je me suis rendu compte de ces fonctionnements ? Je me suis construite en installant un masculin fort, car dans mon histoire ‘il fallait que j’assure’. Un masculin plutôt Chevalier, qui prenait soin des autres, protecteur, prévenant, respectant l’intégrité des autres… mais j’avais en moi, une sensibilité parfois exacerbée (devenant sensiblerie) que je cachais en maints circonstances. « Comment est-ce possible d’avoir un masculin si ‘chouette’ ? …mais en déséquilibre car je n’ose pas être plus en contact avec ma sensibilité. » J’ai donc observé que mon masculin protégeait le féminin des autres mais pas le mien, dont il se détournait… d’où, la carapace. « Pourquoi ce masculin fait-il pour les autres ce qu’il ne fait pas pour moi-même ? »
En introspection, j’ai ‘demandé’ à mon masculin de se retourner et de regarder mon féminin… et il m’a ‘répondu’ en quelque sorte : « Non je ne peux pas ! C’est un abîme, je vais mourir ! ». Pourquoi ? Parce qu’entre notre masculin et notre féminin, réside notre blessure la plus intime.
Lorsque le masculin est en face du féminin blessé – et il l’est à la même mesure que notre masculin est blessé – il fait face à son impuissance et à l’irréparable, et cela demande de changer de plan de conscience.
Quand on constate l’état de notre planète : on peut également se dire qu’il n’y a plus rien à faire (impuissance), on peut banaliser, mépriser, minorer… ou alors on peut se détourner (comme moi, finalement, avec mon ‘chevalier qui allait sauver les autres’).
En changeant de plan de conscience, le masculin rencontre cette blessure et peut la reconnaitre : cela permet de faire grandir l’union (chemin initiatique tantrique) puis de guérir nos mémoires et celles de la Terre.

Je voudrais vous raconter une histoire pour illustrer : celle d’une femme qui assistait à ma conférence et qui m’a beaucoup marquée : cette dame, femme active avait un ordi et 3 téléphones. Elle était en talons très hauts, jupe très courte, décolleté très… ongles, bouche, seins très… mais très chic. Elle jonglait avec ses téléphones, gérant ses assistants… puis elle a pris le 3ème et a murmuré : « Tu m’aimes ? Et est-ce que tu me trouves belle ?». Si je lui avais dit qu’elle avait un problème avec son masculin, elle m’aurait rétorqué qu’elle gagnait plus d’argent que moi ! et elle aurait eu raison (sourire). Certes son masculin social était très fort, mais qu’en est-il de son féminin ? Il n’est pas développé : c’est une caricature de ce qu’elle croit qu’on attend d’elle. Autrement-dit, son masculin social regardait son féminin comme un mac considère une pute. Et du fond de l’abîme de sa séparation cette femme dit : « …avec tout ce que j’ai fait et refait, est-ce qu’enfin je suis digne d’être aimée ? »
Et là, on rigole moins : on a envie de la prendre dans ses bras, cette femme.
Reprenons le Tao, dans mon livre c’est expliqué : si on met le symbole du Tao à l’horizontal, les ronds sont des axes qui relient ciel et terre. Pour cette femme, au cœur de son féminin, il y a un petit rond non activé qui représente son masculin, son axe, la conscience de son essence divine. C’est cette conscience, activée, qui reconnait à la femme sa Beauté, son intuition, sa créativité, sa qualité d’accueil…
Il est donc important, quoi que l’âme ait touché, quelque soit la souillure, la blessure, la profondeur de l’ombre – il est important de reconnecter à l’essence divine qui elle, n’a jamais été touchée : elle intacte, indestructible… inaltérable.
…/…

1er résumé : tant que l’on s’occupe de restaurer le féminin sacré sans être, dans le même temps, en amour du masculin divin… on dénature l’un et l’autre et on perpétue le principe de séparation.
Les femmes qui sont en colère contre les hommes confondent les hommes et le masculin ; en rejetant le masculin extérieur elles le rejettent en elles : c’est leur aspect masculin intérieur en colère qui fait la guerre au masculin extérieur des hommes. Pendant ce temps, le féminin en elles continue à être blessé, et ce sont des femmes qui vont se plaindre d’être abusées dans leur faiblesse, reprochant à l’homme d’être ce qu’il est… sans réaliser qu’elles alimentent insidieusement la guerre. C’est un chemin de conscience et de responsabilité.
Mesdames, il est primordial de bien saisir comment votre masculin intérieur vous manipule vous-même, et comment le masculin de la femme se détourne du féminin de la femme.

…/… Enfin, j’aime dire que dans le patriarcat, les femmes ont eu plus de chance que les hommes. Je répète volontairement que les femmes ont eu plus de chance que les hommes ! Et je m’en explique :
Dans le patriarcat, grosso modo, il a été dit à une femme : « T’es une mère ou une pute ».
Et on a dit à un homme : « Sois un homme. » Un homme, point (t’es un homme ou tu n’es rien = aucun choix).
La femme sait donc, dans son chemin de conscience, qu’il faut qu’elle réconcilie son cœur et son ventre. C’est d’autant plus ‘simple’ que chez elle cela se voit : elle a des seins qui sont émetteurs sur le cœur, et un ventre récepteur. Elle a deux grands thèmes de blessures auxquelles elle a accès.
Tandis que chez l’homme, tout ne se voit pas : il a donc un ventre émetteur qui se voit… et un cœur récepteur ignoré (il n’a pas de trou au milieu de la poitrine) ! Or une blessure non reconnue c’est très grave : c’est un grand poison qui sommeille.

Éducation : lorsqu’on dit à un petit garçon qui veut donner sa tirelire à un pauvre « mais t’es qu’une pisseuse, une gonzesse » (note perso : idem registre pas pleurer, pas avoir peur, ‘même pas mal’, etc…) c’est ignorer ou mépriser sa sensibilité. Rajouté à l’injonction « T’es ça./ » (nb : elle mime un pénis en érection, avec l’attitude caricaturale d’un homme dur, implacable, compétitif et performant), il se trouve que lorsque l’homme prend conscience de son féminin intérieur, il ne sait pas quoi faire de sa délicatesse, de sa vulnérabilité et cela fragilise son identité d’homme, sans lui donner les moyens de se réconcilier ! Au moins, une femme peut arriver à faire de la pute une amante, et à la concilier avec la mère…

Voyons une dernière chose, et non la moindre : les hommes nous ont fait le CADEAU d’incarner principalement le masculin. (note perso : cadeau est l’anagramme d’audace !)
Or, comme l’aspect masculin est le principe expansif qui agit, c’est celui qui ose, tente, prend les risques… y compris de se planter ! C’est par conséquent un bouc-émissaire tout désigné, celui qui – dans la dualité – fait les erreurs : il est donc celui qui commet l’irréparable et en endosse la culpabilité (il a trop ou pas assez fait, il a ‘mal’ fait, a fait ‘mal’), ou bien pour ne pas commettre cet irréparable il est celui qui fuit, se détourne du féminin (il est impuissant : il ‘ne fait pas’). Important pour chacun, chacune, de passer de la culpabilité à la responsabilité : ainsi le masculin intérieur se tourne vers le féminin intérieur. (Important aussi d’aider les hommes dans ce passage !).

NB : Dans mon livre « Masculin-Féminin : l’Initiation Amoureuse (ou la Fusion au Cœur de la Séparation) », j’ai mis un protocole de réconciliation, que je conseille de faire une fois par an.

Exemple symbolique : un ‘dieu’ dans la splendeur de son aspect masculin, un ‘soleil’ qui illumine le ciel…
Il expérimente sur la terre, explore la densité. Or son feu, pourtant si merveilleux dans le ciel… brûle et dévaste une forêt avec tout ce qui vit dedans. Il doit voir et accepter la conséquence de ses actions, et se pardonner en toute connaissance de cause. C’est là toute la magnificence et le drame (note perso : drama / grec : ‘pièce de théâtre’ ou ‘action théâtrale’) de l’expérience de la densité, en connaissance de cause pour comprendre les co-créateurs que nous sommes. Apprendre les lois de la terre, du feu… apprendre à canaliser au lieu de s’en interdire l’usage (sinon pour l’homme, maladies comme inflammations intérieures type prostatites, ulcères, etc…).
Notre masculin intérieur est un expérimentateur, et son défi est de s’ancrer : il a besoin de mettre un genou en terre (les deux genoux en terre, c’est l’attitude du ‘pécheur’ et on a vu que cela ne marche pas. Note perso : attention à la confusion entre « servir/se mettre au service » et « être asservi/se soumettre »). C’est la position de la pure prière, du pardon : il est pure présence et vrai disponibilité. Ancré, un genou en terre : il voit la blessure du féminin et la reconnait.
Dans la relation homme-femme c’est là qu’un flot d’émotions peut émerger : comme c’est ce dont ‘elle a toujours rêvé’, elle se détend et son cœur s’ouvre. Pour la femme, après que l’homme le lui a enfin demandé, elle peut assez facilement lui pardonner. Toutefois, il est un pardon moins facile : celui qu’elle s’adressera ensuite, après avoir pris conscience qu’elle avait contribué à la ‘guerre’ en conditionnant son amour (oui mais, oui mais non, oui si…), en s’asséchant et se fermant à l’amour, en oubliant d’être amour !

2ème résumé : quand le féminin en soi est reconnu dans sa blessure, il pardonne au masculin.
Pour la femme qui prend conscience, elle s’ouvre à la dimension d’Amour qu’elle émet par son cœur et rayonne.
Le masculin divin fait l’amour au monde, il l’ensemence de vie par son action. La partie féminine de l’homme, son cœur récepteur, s’émerveille alors du monde.

Pour conclure cette conférence : se réconcilier c’est restaurer, honorer, célébrer en soi et en l’autre le masculin et le féminin.
Puis l’union à l’intérieur de soi, de ce masculin et de ce féminin, c’est la guérison qui permet de prendre la pleine responsabilité de ce que l’on est venu expérimenter sur terre. Enfin, à partir de cette union, on réalise toute la liberté et la joie de créer le monde, individuellement et collectivement :
La planète attend tout simplement notre réveil, notre complétude, notre union intérieure.

 

Je vous invite à voir les vidéos sur ce thème (2010, 2012) et le site de Diane Bellego : «Tantra de la Réconciliation » (notamment page des ‘conférences/interviews‘ et page des ‘autres articles‘).

Témoignage personnel : l’article à peine mis en ligne, voilà que le ciel me tombe sur la tête. En un flash j’ai vu mon aptitude à râler contre les hommes (eh oui, encore trop souvent… Désolée.) pour le motif que « grrr… mais ce sont d’éternels gamins ! » or – en plus de réajuster en bienveillance mon réflexe marternant (!) – il m’a soudain paru évident que ce qui anime ‘un gamin’, ou plutôt ‘un enfant’ dans son processus d’expérimentation, de croissance, de maturation, de découverte, de test des limites… (et tout le corollaire « d’âneries possibles et imaginables » qui va avec, certes !), c’est justement son énergie masculine : son fondamental pour se verticaliser !  …Aurais-je pris une situation ‘à l’envers’ pour en faire un problème ? voilà dans ce cas un autre exemple de dénaturation dans la dualité (comme dit la conférencière). En tout cas, ma façon de voir les choses, et de les vivre surtout, commence déjà à se modifier… Enfin !

Avec mes remerciements à Diane pour son autorisation de partage, ses réponses, son accueil et le lien ‘en fil d’or’. Sidonie.

 
 
 
 

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